Edouart NIEUPORT

accident sur l'aérodrome de Villers les Moines

Un avion s'écrase à CHARNY sur Meuse

 
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Son pilote Edouard NIEUPORT est décédé ce 16 septembre 1911 à l'hôpital de Verdun,
entouré de l'affection des siens.

 Edouard DE NIEPORT, dit NIEUPORT

 vous connaissez ? Non ?

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Né à BLIDA le 24 août 1875 par le hasard d’une affectation de son Colonel de père en charge de la création de l’Ecole Régionale de Tir (devenue 1er RTA), il est l’un des plus brillants pionniers de l’aviation française.

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Sans enthousiasme pour l’Armée, au grand dam de son père, il entre cependant à l’école Polytechnique. Mais un jour sa passion des sports mécaniques l’emporte et il abandonne ses études.
 
Son goût de l’effort physique et de l’endurance l’entraîne vers les courses cyclistes dans lesquelles il va exceller. Il gagne des dizaines de handicaps et courses en ligne, se frottant même aux frères PÉLISSIER, et devient vite un sprinter de premier ordre.

 Lorsque les entraînements lui en laissent le temps, il étudie les sciences mathématiques et la physique générale. Alors qu’ un petit accident cardiaque après le prix ZIMMERMANN en 1897 le contraint à arrêter le vélo, il s’intéresse aux moteurs, et à l’allumage électrique.

 
En 1902, il se lance dans la fabrication des bougies et de bobines pour l’allumage des moteurs à explosions dans un local exigu de LEVALLOIS PERRET, puis à SURESNES en 1905. A trente ans, Edouard NIEUPORT est à la tête d’une florissante petite usine.
Le 13 janvier 1908, le jour où Henry Farman remporte le prix Archdeacon pour son vol d’un kilomètre à Issy-les-Moulineaux, Édouard et son frère Charles, transforment la société d’équipements électriques en société d’aviation, sous le nom de Société Générale d’Aéro-Locomotion, (SGAL).
Pour apprendre à piloter, Édouard Nieuport achète en 1909 un biplan Voisin. Edouard Nieuport ne fait pas partie des premiers avionneurs, ceux qui défrichent le terrain, mais de la seconde génération, celle des sportifs recherchant les performances.

      

A 35 ans, il veut créer des machines racées. La SGAL réalise un premier monoplan ultra léger (195 kg moteur inclus) à la fin de l'année 1909, baptisé « l'araignée » il sera détruit par les inondations de la Seine de janvier 1910 après avoir volé à Issy-les-Moulineaux. Le Nieuport I, est très rapide puisqu'il vole à 70 km/h.
En 1911 Edouard Nieuport est mobilisé comme sapeur dans une escadrille de ses appareils, commandée par le lieutenant de vaisseau DELAGE. Du 10 au 18 septembre ce sont les manœuvres de Champagne/Ardennes du 6e corps d'armée à MOURMELON.
Le 10, il y reçoit l'ordre de se rendre sur son 2 N dans la région de Verdun où l'attend le lieutenant-colonel Estienne.

 

Une panne de moteur le contraint à prendre l’un des NIEUPORT Gnome de l’escadrille, Edouard NIEUPORT décolle pour une présentation et se pose le 15 septembre vers 9h sur le Parc d’aviation de VILLERS LES MOINES par un temps effroyable. 

A 800 m d’altitude, il coupe son moteur et, au terme d’une impeccable descente en spirale, il se prépare à atterrir lorsque, passant à la hauteur des hangars Bessonneaux, son avion, plaqué par un rabattant, s’écrase au sol.

Dégagé des débris de la machine, le malheureux pilote a juste le temps d’expliquer les causes de sa chute.

Emmené de suite à l’ Hôpital militaire de VERDUN, il a le genou gauche brisé, des contusions multiples, la lèvre fendue, une côte brisée lui a perforé le poumon : Edouard NIEUPORT a heurté la tablette à carte fixée devant lui.

A 22h, le Docteur DOYEN arrive de PARIS, envoyé par sa famille.

Le 16 septembre 1911 à 09h10, Edouard NIEUPORT meurt d’une hémorragie interne dans les bras du Docteur DOYEN, après une longue et atroce agonie, entouré de sa mère, sa sœur Pauline et son mari Jean GUIMET, son père le Colonel, trop âgé, n’a pu faire le voyage, ni son épouse enceinte de leur fille. 
 
 
Ses recherches sur l’aérodynamisme eurent une influence décisive sur l’aviation et l’un de ses biplans le NIEUPORT 11 fut très employé pendant le conflit de la première guerre mondiale.
La levée du corps a eu lieu le 17 septembre à 6h, de l’ hôpital à la gare une foule nombreuse s’est massée pour rendre hommage au malheureux.
Devant la gare de VERDUN, le Général ROQUES a prononcé des paroles émues au nom du ministre de la guerre qu’il représentait. Le cercueil couvert de couronnes a été placé dans un fourgon attelé au train de PARIS en direction de SURESNES.
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le cortège passe devant son usine, au milieu d’une assistance considérable de personnalités politiques, militaires, sportifs cyclistes et tous ses amis aviateurs, ses obsèques se sont déroulées le lendemain 18 septembre en l’église de SURESNES, le ministre de la guerre a déposé sur le cercueil la Croix de la Légion d’Honneur. 



Cette prestigieuse décoration fut ensuite accrochée à une couronne de fleurs blanches portant l’inscription 
«  à mon papa ».
 Edouard NIEUPORT a été inhumé au PERE LACHAISE
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monument aux aviateurs cimetière du Faubourg Pavé à VERDUN

monument hommage sur l’aérodrome de VILLACOUBLAY

Nos remerciements à Mr Guy DECOULONVILLERS

qui a porté ce fait de l’histoire du village à notre connaissance

Sources :

Les Frères NIEUPORT  par Gérard et Bertrand POMMIER et les nombreux sites du web traitant de ce sujet/.gallica.fr pour certaines photos.

Une cérémonie commémorative a eu lieu à Charny sur Meuse

le 16 octobre 2011

La Chanson de la commémoration

A la France donnons des ailesJ.Sieule – G.Fleury – 1913

Dans le ciel pur d’un matin de printemps
Ou bien dans l’air, quand souffle la tempête
Nos aviateurs qui bravent tous les temps Nous font au ciel, Français lever la tête
Et nous voyons s’envoler tout là-haut Vaillants et forts et prêts pour la victoire
De notre France, de nombreux héros Que nimbe l’auréole de la gloire
A la France donnons des ailes
Faisons tous un commun effort Pour que sur la route nouvelle Notre pays passe d’abord L’aviation emporte avec elle
Partout l’honneur du nom français Pour notre gloire et nos succès
A la France donnons des ailes !
Tous les français gardent le souvenir
Des mauvais jours, les douleurs ne s’éffacent
Mais pour avoir confiance en l’avenir France il te faut la maîtrise en l’espace Lorsque partout on verra tes exploits
Tu porteras dans ta course nouvelle
Parmi les peuples et parmi les rois Le gage de la paix universelle
A la France donnons des ailes
Faisons tous un commun effort Pour que sur la route nouvelle Notre pays passe d’abord L’aviation emporte avec elle
Partout l’honneur du nom français Pour notre gloire et pour la paix
A la France donnons des ailes !

DISCOURS

Merci à vous d’être venus honorer la mémoire d’Edouard NIEUPORT à cent ans quasiment jour pour jour de son funeste accident le 15 septembre 1911, sur notre commune.

La belle histoire d’ Edouard, a commencé pour moi par un courrier de Mr Guy DE COULONVILLERS arrivé en Mairie en Janvier 2008 demandant si nous souhaitions commémorer ce centenaire.
Quelle surprise, personne jamais n’avait eu connaissance de ce fait, et nous avons d’abord cru à une erreur de commune, des Charny il y en a plusieurs en France. Mais vite en quelques clics sur le net, plus aucun doute, Villers les moines écart de Charny sur Meuse, avait bien été un terrain d’aviation et le monoplan du pionnier de l’aviation s’y était écrasé.
De là, je me suis littéralement passionnée ce destin extraordinaire, j’ai déroulé la pelote et amassé pendant de longs week end nombre de documents, photos et informations, qui m’ont menés de Blida où il est né en 1875 à Suresnes dans son atelier, en passant par Villacoublay et Mourmelon, jusqu’à la découverte du livre écrit par ses petits-fils Gérard et Bertrand POMMIER et à notre rencontre.
La belle histoire d’ Edouard s’est mise en forme, comme le scénario d’un film, que je me suis fait dans ma tête : le jeune homme à la si belle allure, dont la passion du sport le conduit d’abord vers les courses cyclistes, puis après un petit accident cardiaque en 1897 il s’intéresse aux moteurs et à l’allumage électrique dans son atelier avec Charles son frère. En 1908 Ils transforment la Sté d’équipement électriques en Sté d’Aviation. En 1909 cherchant toujours l’exploit sportif, sa Sté crée un premier monoplan « l’araignée » vient ensuite le NIEUPORT I qui vole à la vitesse vertigineuse de 70km/h .
C’est en 1911, mobilisé comme sapeur dans une escadrille de ses appareils, qu’il participe aux manœuvres de Champagne du 6°corps d’armée à MOURMELON.
Le 10 septembre il reçoit l’ordre de se rendre sur son 2N dans la région de Verdun où l’attend le Lieutenant Colonel Estienne. Le 15 il décolle dans un Nieuport gnome pour une présentation. A 800m d’altitude, il coupe son moteur et au terme d’une implacable descente en spirale il se prépare à atterrir vers 9h sur le parc d’aviation de Villers les Moines, lorsque passant à hauteur des hangars Bessonneaux, son avion plaqué par un rabattant s’écrase au sol. Dégagé de sa machine, le malheureux pilote a juste le temps d’expliquer les causes de sa chute avant de s’effondrer. Il a le genou brisé, la lèvre fendue et une côte brisée par la tablette à carte lui a perforé le poumon.
Le lendemain il décède d’une hémorragie interne à l’hôpital militaire de Verdun, entouré du Docteur DOYEN, de sa mère, sa sœur Pauline et son mari Jean GUIMET, son père trop âgé n’a pas pu faire le voyage, ni son épouse enceinte.
La levée du corps eu lieu le lendemain, et de l’hôpital à la gare de Verdun, une foule nombreuse s’est massée sur le parcours pour saluer le malheureux Edouard.
Devant la Gare, le Général ROCQUES a prononcé un discours au nom du ministre de la guerre qu’il représentait. Le cercueil couvert de couronnes a été placé dans un fourgon attelé au train de Paris, direction SURESNES.
Lors des obsèques le 18, le ministre de la guerre a déposé sur le cercueil la Légion d’honneur, prestigieuse décoration qui fut accrochée à une couronne de fleurs blanches portant la touchante inscription à mon papa.
C’est la fin de l’élégant sportif, du brillant ingénieur, de l’époux aimant et du papa d’ Edouard et de la petite Emma qu’il n’a pas connue – Un film vous dis-je. En attendant qu’un metteur en scène s’y intéresse, j’ai pu rédiger un article dans notre revue municipale repris sur notre le site internet .
Si son nom n’est hélas que peu resté dans l’histoire, ses recherches et travaux ont largement contribué à l’essor de l’aviation et ses BB NIEUPORT se sont brillamment illustrés lors de la première guerre mondiale.

Nous Charnysiens sommes fiers aujourd’hui de lui rendre avec vous cet hommage amplement mérité par cette stèle commémorative.