Levassor D'Yerville

Qu’est-il tombé du ciel le 16 mars 1916 sur la maison du garde barrière de Charny ?

Un parachutiste !         comme celui-là !
 
 
Mais bien sûr pas n’importe lequel, le premier parachutiste français en opération militaire !
                                  

Jean LEVASSOR D’ YERVILLE

Au début de la Première Guerre mondiale, l’aérostation française est très limitée : ballon sphérique peu performant, treuil à vapeur lent et poussif, aucune doctrine d’emploi. En quelques mois, au cours de l’année 1915, le retard est rattrapé par JUMESCH ancien pilote de dirigeable et DUCLOS fusillier marin.

Ils confectionnent alors rapidement un parachute qu’ils testent à l’aide de charges de 80 kg. Puis le prototype est essayé le 17 novembre 1915 par Constant DUCLOSà Chalais-MeudonA partir d’octobre 1915, le parachute est intégré à la panoplie de l’aérostier et sera utilisé dès la bataille de Verdun.



 photos de compagnies de « cerfs volantistes »

Le premier à avoir eu la vie sauve grâce à son parachute fut le sous-lieutenant LEVASSOR D’ YERVILLE observateur à la 68 ème compagnie d'aeropostiers.

extraits journal de marche de la 68°et 54° compagnie
 " Le 16 mars 1916, se trouvant en observation à 1100m près des lignes allemandes, un avion français volant à basse altitude, heurte le câble de sa  » saucisse » qui se rompt.. , l’engin part à la dérive vers les lignes allemandes. L’observateur réfléchit, allait-il se lancer ? Malgré les descentes convaincantes de Duclos, il hésitait.
 
Ne se tromperait-il pas dans les manœuvres, l’immense coupole s’ouvrirait-elle et le conduirait-elle mollement au sol ? Il éprouvait quelque émotion.
Mais il en était une autre, encore plus violente. S’il ne recourait pas à cette ultime chance de salut, il tomberait dans les lignes ennemies et serait prisonnier. La guerre serait finie pour lui.
La décision fut prise : tout plutôt que la captivité. Il se risqua et, d’une hauteur de 3200 m, il s’élança dans l’espace.
 
Au début, Levassor d’Yerville crut que le parachute ne s’ouvrirait pas, puis ce fut une impression délicieuse, radieuse de résurrection en voyant le paquet d’étoffe devenir ombrelle. Il éprouva une joie indicible. Il en profita pour regarder. Rien n’échappait à ses yeux. Jamais il n’avait été aussi près des lignes. Il observa .
 
Quelques 15minutes plus tard, il atteint le sol, sans le moindre choc, au passage à niveau de Charny où il se réfugie dans la maison du garde barrière. Quatre cents mètres plus loin, il serait tombé aux mains des Allemands.
                                 La vie était belle. ".
extraits journal de marche de la 68°et 54° compagnie
Il devient ainsi le premier parachutiste français à avoir effectué un saut devant l’ennemi.
 
MARIE JEAN LEVASSOR D’YERVILLE né en ALGERIE à STRASBOURG province de CONSTANTINE le 15 mai 1892, a commencé sa carrière d’aérostier à la 54°brigade, puis à la 68° où il est sous lieutenant.
            Par décret du 16 mars 1921, il est nommé Chevalier de la Légion d’honneur pour ses faits d’armes .
 » Officier plein d’ardeur et d’initiative, a participé activement au déploiement des batteries de renforcement, spécialement l’ ALVF sur le front de la Somme et de l’Oise. A contribué à organiser sur place la défense des fronts de la Somme, par l’artillerie de 75 dans une zone dangereuse tenue seulement par les GRDI. S’est distingué en accomplissant plusieurs missions difficiles auprès des unités en ligne ».
            Il finit sa carrière capitaine de l’artillerie lourde et quitte l’armée le 16 janvier 1952.
Il travaille ensuite dans le secteur de la métallurgie, Président-Directeur général de sociétés deconstruction métallurgiques,  Administrateur de nombreux organismes et Président du syndicat professionnel MPTS, -
 
Marié à Cécile Antoinette CHAVANNES à PARIS le 18 septembre 1920.
 
Il décède 25 03 1963 .
sources ;
chemins de mémoire.gouv.fr / Histoire mondiale des parachutistes, Editions S.P.L, 1974. J. Mortane, Les ailes de la mort, Editions du Siècle. / cerfsvolantsmlitaires.free.fr / anom.archivesnationales.gouv.fr/ culture.gouv.fr/mistral/léonore. / mémoire des hommes.sga.défense.gouv.fr/ archives nationales de Fontenaibleau.
Dossier des recherches au complet en Mairie